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Cette forme de corrosion est particulièrement
insidieuse. L'attaque se limite à des piqûres, très
localisées et pouvant progresser très rapidement
en profondeur, alors que le reste de la surface reste indemne.
L'installation peut être perforée en quelques jours
sans qu'une perte de poids appréciable de la structure apparaisse.
Les solutions les plus agressives contiennent des chlorures, bromures,
hypochlorites. Les iodures et les fluorures sont beaucoup moins
actifs. La présence de sulfures et d'H2S exacerbe les problèmes
de corrosion par piqûres en abaissant systématiquement
les critères de résistance. La présence d'un
cation oxydant (Fe+3, Cu+2, Hg+2,…) permet la formation des
piqûres même en absence d'oxygène. L'espèce
thiosulfate joue d'ailleurs un rôle apparenté car
sa réduction électrochimique conduit à une "sulfuration" des
surfaces métalliques exposées.
Les aciers inoxydables sont particulièrement sensibles à la
corrosion par piqûres, mais d'autres métaux comme
le fer passif, le chrome, le cobalt, l'aluminium, le cuivre...
et leurs alliages y sont aussi sensibles.
Très souvent,
pour les métaux non passivables, on observe un faciès
de "tubercules" sous lesquels les piqûres se développent.
Les moyens pour réduire cette corrosion sont de choisir
le matériau selon les conditions d'emploi, d'éviter
les zones stagnantes et les dépôts, d'agir sur le
milieu en travaillant aux températures les plus faibles
possible ou d'utiliser la protection cathodique.
Contrairement à la corrosion caverneuse, la piqûre
ne présente pas toujours un déterminisme local. Certes,
les altérations ou défauts intrinsèques à l'interface
métal-solution (par exemple inclusions débouchantes
au niveau du film passif pour les aciers inoxydables) constituent
souvent des germes de dissolution localisés et ponctuels,
mais tous les germes concernés ne sont pas attaqués.
Il existe toujours un caractère aléatoire à la
stabilisation et au développement de ces germes.
Il s'établit alors un couple entre les zones discontinues
qui vont constituer des petites anodes où a lieu la dissolution
du métal et le reste de la surface où se produit
la réaction cathodique.
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